Le discours du président de la FEO lors de la réunion du 18 janvier 2013 du conseil d’administration de la FEO
Allocution du président de la FEO devant le conseil d’administration
Le 12 avril 2013
Bonjour,
Hier, nous avons passé la journée à traiter du régime de retraite et, comme vous pouvez le voir sur l’ordre du jour, nous allons encore en discuter aujourd’hui. Je ne vais pas parler beaucoup de pensions, mais je tiens à remercier le personnel de la FEO de tout le travail accompli pour l’organisation du Forum d’hier sur le régime de retraite.
Nous avons élargi la portée de cet événement, et la participation a augmenté. Il est à espérer que les personnes présentes hier sont maintenant mieux préparées pour défendre les régimes à prestations déterminées dans leurs cercles et leurs organisations. Et voilà que je parle déjà de politique au deuxième paragraphe de mon allocution!
Bien sûr, nous avons toutes et tous entendu la maxime « tout est politique ». Je me demande bien qu’est-ce qui pourrait être plus politique que des enjeux de taille comme l’éducation et les régimes de retraite? Et dès qu’on parle de politique, d’éducation et de régimes de retraite, les syndicats entrent en jeu.
L’édition du 27 mars 2013 du Globe and Mail titrait « Do Unions Have a Future? » [Y a-t-il un avenir pour les syndicats?]. Ce même jour, j’assistais à la conférence sur les droits des travailleuses et des travailleurs [Labour Rights Conference] parrainée par la Canadian Foundation for Labour Rights, le Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public (SNEGSP), les Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) et la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE).
À cette conférence, j’ai entendu la réponse : les syndicats sont très importants. Le taux d’adhésion syndicale dans un pays est un indicateur du niveau d’égalité économique dans ce pays, et l’égalité au sein d’une société est clairement associée à une meilleure santé, à des taux de criminalité inférieurs, à une plus grande longévité et à une mobilité sociale accrue.
Dans une même région géographique et au sein de la même industrie, les travailleuses et travailleurs non syndiqués gagnent moins que leurs homologues syndiqués et sont moins en mesure de se protéger contre les abus des employeurs.
Les syndicats sont une voix importante pour contrebalancer celle des grandes sociétés. Les droits des travailleuses et travailleurs syndiqués ont été obtenus par le sang et le courage. Dans l’histoire, les travailleuses et les travailleurs ont littéralement dû faire front commun.
Les années 1940 ont été marquées par l’adoption d’importantes mesures législatives qui ont donné une structure officielle à notre processus des relations de travail. The Wager Act, aux États-Unis, une loi similaire au Canada et la formule Rand ont créé une société permettant aux travailleuses et travailleurs de former des syndicats et de négocier des salaires et des conditions de travail équitables.
Au milieu des années 1980, 40 pour cent de la main-d’œuvre canadienne était syndiquée. Mais les temps ont changé et cette proportion a diminué. Aujourd’hui, moins de 32 pour cent des travailleuses et travailleurs du Canada sont syndiqués. Ce déclin est peut-être en partie attribuable à la perte de nombreux emplois dans des industries où les taux de syndicalisation étaient élevés. Mais les sociétés se sont servies de l’affaiblissement de l’économie pour s’en prendre encore davantage aux syndicats.
Les attaques à l’endroit des syndicats ont été endossées par les gouvernements, qui ont adopté des mesures législatives répressives; la loi Right to Steal Services from Union Members aux États-Unis et le projet de loi C-377 au Canada en sont des exemples. Le projet de loi C-377 impose aux syndicats de lourdes exigences redditionnelles au Canada et les oblige à publier toute dépense de plus de 5 000 $.
De son côté, Tim Hudak continue de qualifier de patrons de syndicat les présidentes et présidents syndicaux. Et pourtant, les syndicats sont beaucoup plus démocratiques et égalitaires que les partis politiques. Les députées et députés d’arrière-ban sont traités comme l’étaient les enfants dans les années 1950 – on les somme de rester tranquilles et de ne parler que lorsqu’on leur adresse la parole, car « ce sont les adultes qui parlent ici ». Plutôt que de représenter leur électorat, les membres du Parlement deviennent des apologistes de leur parti.
La langue peut être un outil ou une arme; depuis quelque temps, l’arsenal d’expressions pour dénigrer les syndicats s’élargit. Des expressions comme « patron de syndicat », « régime de pension en or » et « syndiqués gourmands » se veulent humiliantes, péjoratives et sources de discorde. Elles sont non seulement inexactes, mais deviennent également de plus en plus injurieuses. Dans l’exemple le plus récent, un membre de l’Assemblée législative de l’Ontario qui décrivait les ententes récemment conclues entre le gouvernement et les syndicats de travailleuses et de travailleurs en éducation a déclaré devant l’Assemblée que le gouvernement avait cédé devant le terrorisme syndical.
C’est ici que nous devons fixer des limites. Nous devons nous opposer à ce comportement violent et à cette intimidation. Nous devons résister aux attaques à tous les niveaux.
« La première chose à faire, c’est de tuer tous les avocats! », écrivait Shakespeare. Pour leur part, les massacreurs des grandes sociétés ont la conviction que la première chose à faire, c’est de tuer tous les syndicats d’enseignantes et d’enseignants.
Nous devons faire en sorte que cela ne se produise jamais. Je vous mets au défi de travailler au renforcement de vos syndicats et de tous les syndicats.
Terry Hamilton
Président de la FEO